Les défis de l’éducation en Sénégal

Les défis de l’éducation en Sénégal

https://brokenchalk.org/challenges-facing-the-education-system-in-senegal/

Ecrit par Ruth Lakcia

Traduction de Miriam Poiatti

 

L’éducation est un droit fondamental pour tous les êtres humains dans le monde. Quel que soit le statut économique ou social d’une personne, elle doit pouvoir accéder à l’éducation. Bien que cela semble évident et relever du savoir commun, ce n’est pas la réalité pour de nombreux Sénégalais.

L’histoire de Sénégal en matière d’investissement dans l’éducation et d’engagement des parties prenantes dans le dialogue sectoriel témoigne de l’engagement du gouvernement à construire un système éducatif solide. Selon l’évaluation 2019 du PASED, de nombreux élèves Sénégalais acquièrent des compétences de base à la fin de l’enseignement primaire, mais 25% d’entre eux n’ont pas les compétences minimales en lecture et 35% en mathématiques.  D’important disparités socio-économiques, rurales-urbaines et régionales appellent à un système éducatif plus équitable et inclusif.  Si les différences d’apprentissage entre les filles et les garçons sont minimes au niveau primaire, des disparités entre les sexes apparaissent dans l’enseignement secondaire, les filles étant plus nombreuses que les garçons à abandonner l’école.

 

Manque d’enseignants qualifiés

Le système éducatif sénégalais est confronté à plusieurs des défis, tels que le manque d’enseignants qualifiés, l’insuffisance des équipements et des infrastructures, la faible qualité de l’enseignement et de l’évaluation, les inégalités sociales et les disparités régionales. Le gouvernement essaie de réformer et moderniser le secteur de l’éducation à travers divers programmes et partenariats avec des organisations internationales telles que UNESCO ou UNICEF.

La pauvreté des ménages au Sénégal a encore du chemin à faire, avec seulement un petit pas en avant. La marginalisation de l’éducation est devenue une question brûlante au Sénégal, l’un de pays les plus pauvres de la planète. Environ 34% de la population sénégalaise vit avec moins de 1,25USD par jour, avec un revenu moyen par habitant de 121USD par mois (Ibrahima, 2014). Les résultats de l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (2018/2019) montrent que l’incidence de la pauvreté individuelle au Sénégal est de 37,8%. Le pays accuse encore un retard en matière d’éducation. Une grande partie de la population n’a pas un accès facile à l’éducation et reste marginalisée de l’éducation formelle, avec un taux de scolarisation de 86,4% (ANSD, 2020). De nombreux facteurs contribuent à l’exclusion des plusieurs jeunes du système éducatif, notamment le genre et les TIC. En outre, les langues, en particulier la langue anglaise, jouent un rôle dans la marginalisation de l’éducation en Sénégal. Ce qui suit est une brève introduction à les rôles du genre, des TIC, et de l’anglais dans la promotion ou réduction de la marginalisation éducative au Sénégal. Le taux de scolarisation préscolaire est 17%, mais encor plus important c’est d’améliorer la qualité de l’enseignement.

 

Le redoublement et l’abandon à l’école primaire

Le coût financier global du redoublement et de l’abandon au Sénégal a tendance à augmenter en raison d’un taux de redoublement et d’abandon plus élevé. Pendant le période 2012-2015, le redoublement et l’abandon ont représenté 13,72% des dépenses engagées par le gouvernement.  Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs, dont l’accès limité à une éducation préscolaire de qualité. Le Sénégal a encore des efforts à faire, avec un taux brut de total de préscolarisation un peu plus haute de 17%, mais surtout, il doit améliorer la qualité de l’éducation.

 

L’impact du Covid-19

La pandémie provoquée par le SARS Covid-19 a affecté les investissements réalisés non seulement dans le secteur de la santé mais aussi dans celui de l’éducation et, surtout, dans le sous-système de l’enseignement supérieur. La pandémie a obligé les gouvernements à fermer les campus universitaires et à suspendre les cours en face à face pour une période considérable afin d’éviter que la contamination par le virus ne se propage. Certains pays qui avaient intégré la modalité d’apprentissage à distance dans leur programmes scolaires ont été contraints d’en faire une stratégie, en l’intensifiant dans le but de réduire les dommages pédagogiques causées par la pandémie de COVID-19. Au Sénégal, la pandémie de COVID-19 et les fermetures des écoles nationales ont temporairement perturbé l’éducation de 3,5 millions d’étudiantes et de 1,5 millions ‘enfants qui étaient déjà déscolarisés, et le taux d’abandon scolaire a doublé.

 

L’inégalité de genre dans l’école

Malgré l’existence des programmes du gouvernements – comme l’enseignement public gratuit jusqu’à l’âge de 16 ans et the Project de Soutien à l’éducation des Filles, qui fournit des uniformes scolaires – le cout de la scolarité reste un obstacle pour plusieurs familles. Ils doivent payer pour le matériel pédagogique et le transport scolaire.

On a aussi constaté une préférence pour l’éducation des garçons par rapport à celle des filles. Dans les foyers, où les moyens économiques sont limités, les garçons sont plus souvent envoyés à l’école, même si les filles aimeraient y aller.

Des croyances et pratiques culturelles profondément ancrées – telles que les mutilations génitales féminines, les mariages forcés d’enfants et les grossesses précoces – compromettent également les possibilités pour certaines filles de progresser à l’école. Elles accusent, donc, un retard en matière d’éducation et de bien-être.

 

Conclusion

En conclusion, le gouvernements Sénégalaise est, par conséquence, responsable de mettre en place de services sociales meilleurs dans les écoles et les hôpitaux, afin de faciliter le développement dans ces régions et, ainsi, améliorer la qualité de vie de la population et l’éducation des enfants pauvres.

Alors que le gouvernement cherche à atténuer les effets du blocage provoqué par la pandémie de COVID-19, l’accent devrait être mis sur la garantie que les systèmes pour la protection des filles et des femmes contre les mariages d’enfants ne sont pas compromis. Le programme WASH a permis à 1884 élèves d’accéder à des installations d’hygiène et d’assainissement dans 26 écoles, dont quatre ont été équipées d’un système de gestion de l’hygiène menstruelle. 1776 élèves dans 12 écoles ont bénéficié de la disponibilité d’eau potable, ce qui a réduit les problèmes de lavage au Sénégal et dans leurs écoles.

 

Références

 

Image de couverture par Victor Rutka sur Unsplash

Challenges Facing the Education System in Senegal

Written by Ruth Lakcia

Education is a fundamental right for all humans around the globe. Regardless of one’s economic or social status,  they should be able to have access to Education. Even though this seems obvious and like common knowledge, it is not the reality for many Senegalese.

Senegal’s history of investing in education and engaging stakeholders in sector dialogue marks the government’s commitment to building a strong education system. Based on the 2019 PASEC assessment, many Senegalese students acquire basic competencies by the end of primary education, but 25% lack minimum proficiency in reading and 35% in math. Significant socioeconomic, rural-urban and regional disparities call for a more equitable and inclusive education system. While minimal learning differences are observed among girls and boys at the primary level, gender disparities emerge in secondary education, with more girls dropping out of school than boys.

Lack of enough qualified teachers

The education system in Senegal faces many challenges, such as a lack of qualified teachers, inadequate equipment and infrastructure, low-quality teaching and assessment, social inequalities and regional disparities. The government is trying to reform and modernise the education sector through various programs and partnerships with international organisations such as UNESCO or UNICEF.

Household poverty in Senegal still has work to do, with only a little over. Educational marginalisation has become a burning issue in Senegal, one of the poorest countries on the planet. About 34% of people in Senegal live on less than US $ 1.25 per day, with an average per capita income of $121 per month (Ibrahima, 2014). The results of the Harmonized Survey on Household Living Conditions (2018/2019) show that the incidence of individual poverty in Senegal is 37.8%. The country is still lagging behind in education. A large part of the population does not have easy access to education and remains marginalised from formal education, with an enrollment rate of 86.4% (ANSD, 2020). Many factors contribute to the exclusion of many young people from the education system, including gender and ICT. Furthermore, languages, particularly the English language, play a role in educational marginalisation in Senegal. What comes next is a brief introduction to the roles of gender, ICT and English in promoting or reducing educational marginalisation in Senegal. 17% gross preschool enrollment rate, but more importantly, dramatically improving quality.

Repetition and dropout in primary school

The overall financial cost of repetition and dropout in Senegal is on an upward trend due to a higher rate of both repetition and dropout. Over the 2012-2015 period, repetition and dropouts represented 13.72% of the expenses incurred by the government. This phenomenon can be explained by several factors, one of which is limited access to quality preschool education.  Senegal still has work to do, with only a little over 17% gross preschool enrollment rate, but more importantly, it needs to improve the quality of education. 

Impact of Covid-19

The pandemic caused by the SARS Covid-19 came to monitor investments made not only in the health sector but also in education and, above all, in the higher education subsystem. The pandemic led governments to close university campuses and suspend face-to-face classes for a considerable period to prevent the virus contamination from spreading. Some countries with the distance learning modality in their school curricula were forced to make it a strategy, intensifying them with the aim of reducing the pedagogical damage that was felt due to the COVID-19 pandemic.In Senegal, the COVID-19 pandemic and national school closures temporarily disrupted the education of 3.5 million learners and the 1.5 million children already out of school, and the dropout rate doubled.

Gender inequality in school

Despite the existence of government programmes- like free public school education until age 16 and the Girls’ Education Support Project, which provides school uniforms- the cost of schooling is still an obstacle for many families. They have to pay for learning materials and transport to school.

We also found a preference to educate boys over girls. In households with limited finances, boys are more likely to be sent to school even if girls would like to go.

Deep-seated cultural beliefs and practices – such as female genital mutilation, forced child marriages and early pregnancies – also prevent some girls from making progress in school. They, therefore, lag in education and wellbeing.

Conclusion

In conclusion, Senegal’s government, therefore, is responsible for extending better social services in schools and hospitals to facilitate development in those areas and hence improve people’s living standards and education for poor kids.

As the government seeks to alleviate the effects of the lockdown brought about by the COVID-19 pandemic, emphasis should be placed on ensuring that systems that are supposed to protect girls and women from child marriages are not compromised. The WASH program has provided 1,884 students access to hygiene and sanitation facilities in 26 schools, of which four were equipped with a menstrual hygiene management system. 1,776 students in 12 schools benefited from the availability of drinking water, which has reduced wash problems in Senegal and their schools.

References

Cover Image by Victor Rutka on Unsplash

Universal Periodic Review of Senegal

  • Broken Chalk is a non-profit organisation with one main goal – To protect human rights in education. The organisation started with a website and articles and is currently working on multiple projects, each aiming to fight human rights violations in the educational sphere. As the UPR is related to human rights violations, inequalities, human trafficking, and other violations, Broken Chalk prepares this article for the fourth Cycle and the specific country – the Republic of Senegal.
  • This report will provide an update on the previous issues related to education, plus recommendations on how to deal with new ones.

By Camille Boblet-Ledoyen

Download the PDF.

45th_Session_UN-UPR_Country_Review_Senegal

Cover image by J. Patrick Fischer.