(French) Edu Challenges in Spain

Les défis éducatifs en Espagne

Rédigé par María Núñez Fontain

Traduit par Anis Mami

 

« UN BATEAU SANS CAPITAINE EST CONDAMNÉ À COULER ».

L’Espagne est un pays développé et membre de l’Union européenne, ce qui lui confère un avantage certain en termes de niveau d’éducation et de ressources. Pourtant, en regardant de plus près le système éducatif espagnol, on s’aperçoit rapidement que ce n’est pas le cas.

À première vue, le problème principal de l’Espagne semble être clair: malgré de nombreuses tentatives de modernisation et d’adaptation du programme éducatif, celui-ci semble toujours éloigné et détaché des demandes de sa société.[1] En raison de la décentralisation de l’État, cela s’est également avéré problématique lorsqu’il s’est agi d’atteindre l’unité et l’égalité.

En 2021, l’Espagne a introduit la LOMLOE,[2], la nouvelle loi sur l’éducation qui s’appuie sur la précédente – la LOE – et oblitère la législation précédente, la LOMCE. Cette nouvelle loi met l’accent sur le développement durable, l’égalité des sexes, les droits de l’enfant, la transformation numérique et l’adoption d’une approche transversale pour garantir le succès grâce à une amélioration constante.

 

TAUX D’ABANDON

Les élèves espagnols ont tendance à obtenir de faibles résultats aux tests PISA, bien qu’ils soient l’un des pays qui consacrent le plus de temps aux salles de classe[3] Le PISA est un test qui mesure le niveau d’éducation des jeunes de 15 ans et qui a lieu tous les trois ans. Ces faibles résultats reflètent la méthode d’enseignement de l’Espagne, qui met l’accent sur la mémorisation d’informations et non sur le développement de l’autonomie et de la capacité à résoudre des problèmes. Un autre problème qui peut être lié aux faibles résultats de l’Espagne est le fait qu’elle a actuellement le taux d’abandon scolaire le plus élevé de toute l’Union européenne, car les méthodes d’enseignement actuelles rendent difficile le maintien de la motivation et de l’intérêt des élèves[4]. Malheureusement, cette apathie se répercute également sur les enseignants, qui devraient être ceux qui suscitent l’intérêt des élèves, mais qui, en même temps, devraient être motivés eux-mêmes.

Le taux d’abandon scolaire précoce a atteint 14 % en 2012, soit 5 % de plus que l’objectif de l’UE pour 2030, qui est fixé à 9 %. Ce chiffre fait de l’Espagne le deuxième pays d’Europe qui compte le plus grand nombre de personnes âgées de 18 à 24 ans sans éducation ni formation de base[5], ce pourcentage étant le plus élevé parmi les élèves dont les mères n’ont pas terminé leurs études primaires[6]. En fin de compte, cela reflète le plus grand défi auquel est actuellement confronté le système éducatif espagnol: la ségrégation socio-économique.

 

LA SÉGRÉGATION SOCIO-ÉCONOMIQUE

La Commission européenne et les Nations unies ont demandé à plusieurs reprises à l’Espagne de s’attaquer à ce problème, et la disparité socio-économique a également été ciblée dans un rapport du rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme en 2020. Avant d’en analyser le contenu, cet article propose un bref aperçu de la situation socio-économique de l’Espagne en matière d’éducation.

Lorsque l’on aborde les lacunes en matière d’éducation, les débats tournent souvent autour d’aspects tels que la religion en tant que matière scolaire ou l’utilisation stricte des langues officielles de l’État[7] Ces deux questions, bien que pertinentes, sont très éloignées du problème immédiat. L’Espagne présente des taux élevés d’inégalité, d’échec scolaire, de manque de ressources financières et de ségrégation scolaire pour des raisons socio-économiques[8].

En Espagne, les écoles publiques accueillent un pourcentage élevé d’immigrés et d’élèves issus de familles à faibles revenus, ce qui ne fait qu’accroître la corrélation entre la qualité de l’enseignement et les ressources financières pour se l’offrir – transformant finalement les écoles publiques en « guettos » aux possibilités limitées pour leurs élèves et leurs enseignants[9].

Avec la nouvelle législation, les critères de sélection des élèves dans les écoles publiques et privées relèveront de l’administration publique, ce qui semble être une tentative de combler ce fossé. Malgré cela, le manque de sensibilisation – ou de volonté de le faire – doit être abordé en premier lieu si l’on veut discuter de solutions.

 

Garçon marchant avec un sac à dos en Espagne. Photographié par Jesús Rodríguez (2017)

 

LE RÔLE DES ENSEIGNANTS

Il est un défi qui fait l’objet d’un consensus presque universel: le rôle des enseignants. En tant que personnes chargées de guider les élèves dès leur plus jeune âge, les enseignants ne reçoivent souvent pas le respect qu’ils méritent, la fréquentation de l’école étant considérée comme une « corvée » en Espagne. Cela peut s’expliquer par la formation que reçoivent les enseignants eux-mêmes, qui se concentre sur les aspects institutionnels mais ne leur donne pas les outils nécessaires d’un point de vue pédagogique[10].

En outre, la profession d’enseignant présente un pourcentage élevé d’instabilité, ce qui les empêche de se développer professionnellement[11], ce qui est exacerbé par les nombreux changements dans les lois éducatives qui ont eu lieu ces derniers temps, un sujet commun de préoccupation et de condamnation parmi les enseignants. L’éducation étant souvent utilisée comme une arme politique, sa législation évolue avec les différents gouvernements.

Broken Chalk a eu l’occasion d’interviewer Raúl Prada, chef du département des langues d’une école en Espagne. Ses réponses permettront au lecteur d’avoir une meilleure idée des défis auxquels l’Espagne est actuellement confrontée en matière d’éducationdu point de vue d’un enseignant qui, comme il le déclare lui-même, est « amoureux de sa profession ».

 

Q. Selon vous, quels sont les principaux défis éducatifs en Espagne?

Je pense que les principaux défis auxquels l’éducation en Espagne est confrontée sont liés à un taux d’encadrement excessif dans les classes, ce qui empêche l’enseignant d’apporter une attention personnalisée. Avec l’augmentation du nombre d’élèves ayant des besoins éducatifs particuliers dans chaque classe, le problème s’aggrave: ce sont précisément ces élèves qui souffrent le plus de cette incapacité à leur offrir un accompagnement adapté, ce qui contribue à les éloigner davantage de leur intégration dans la société.

 

Q. Pensez-vous qu’il existe en Espagne un problème de ségrégation socioéconomique dans l’éducation? Pourquoi ou pourquoi pas?

La ségrégation socio-économique est clairement liée à ce qui a été mentionné ci-dessus, puisque la surcharge des classes à tous les niveaux fait que les élèves ayant davantage de difficultés personnelles, sociales et économiques se retrouvent dans une situation d’infériorité manifeste par rapport à ceux dont les familles peuvent se permettre un soutien extérieur. Cela devient encore plus évident dans les familles qui n’ont pas les moyens de permettre à leurs enfants de participer à des activités extrascolaires.

 

Q. Avez-vous été témoin de cas de ségrégation socio-économique?

Ce qui précède est une réalité quotidienne dans toutes les salles de classe en Espagne: un trop grand nombre d’élèves nécessitant une attention plus individualisée et des enseignants qui, malgré tous leurs efforts, ne peuvent donner davantage, ce qui engendre chez eux une grande frustration.

 

Q. Comment pensez-vous que les enseignants sont perçus dans le système éducatif espagnol?

Le rôle de l’enseignant en Espagne a été progressivement dévalorisé sur le plan social, devenant peu considéré par certaines familles qui remettent en question leurs décisions et, bien souvent, loin de les aider, entravent leur travail. Cette situation est aggravée par l’Administration, qui augmente chaque année la charge bureaucratique, oubliant que l’objectif principal d’un enseignant est d’éduquer.

 

Q. Quelles mesures ou idées proposeriez-vous pour améliorer la situation des enseignants?

Les solutions principales, selon mon expérience personnelle, seraient tout d’abord de réduire le nombre d’élèves par classe, et ensuite de diminuer la charge administrative et bureaucratique qui pèse sur l’éducation et les établissements scolaires.

 

Q. Souhaitez-vous partager une expérience – positive, négative ou les deux – en lien avec votre rôle d’enseignant?

Je suis une personne positive et passionnée par mon métier, donc toutes les expériences que je peux partager sont positives. Je garde toujours à l’esprit ce que mes élèves me confient et je m’efforce d’être à l’écoute de leurs besoins. Je ressens qu’ils l’apprécient et le reconnaissent. Cependant, je regrette toujours de ne pas pouvoir faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin.

 

Q. D’un point de vue personnel, comment percevez-vous l’évolution du système éducatif depuis vos débuts dans l’enseignement, et pourquoi selon vous?

Malheureusement, l’évolution du système éducatif espagnol au cours des 25 dernières années est très faible, voire inexistante. La raison principale en est que les différents gouvernements successifs ont fait de l’éducation un instrument politique, approuvant successivement huit lois différentes en 25 ans. Ces lois ont souvent été adoptées sans chercher le consensus politique global, mais en fonction des intérêts partisans.

Chaque parti a ainsi approuvé une loi « sur mesure », qui a ensuite été abrogée dès qu’un parti d’idéologie différente arrivait au pouvoir.

Cela a provoqué une grande instabilité dans le système éducatif espagnol et introduit des changements sans suivi. L’Espagne a urgemment besoin d’une loi éducative fondée sur un consensus général et permanent, même si elle peut être ajustée ponctuellement.

 

Q. Avez-vous un message ou une réflexion à partager en tant qu’enseignant ?

En tant qu’enseignant, je dirais que la seule façon de tenir au quotidien est l’amour du métier et la dévotion envers ses élèves. Il faut parvenir à mettre de côté les obstacles qui s’accumulent chaque jour, car sinon, la démotivation et le sentiment d’impuissance risquent de s’installer durablement en nous.

 

RAPPORTEUR SPÉCIAL DES NATIONS UNIES SUR L’EXTRÊME PAUVRETÉ ET LES DROITS DE L’HOMME

Toutes les préoccupations mentionnées – et d’autres encore – ont été résumées dans le rapport du Rapporteur spécial des Nations Unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, rédigé lors de sa visite en Espagne.[12]

Le Rapporteur commence par rappeler que « l’éducation et la pauvreté sont étroitement liées ». En effet, les ressources socio-économiques d’une famille déterminent les écoles accessibles à ses enfants, et les établissements publics se retrouvent surchargés d’élèves issus de milieux défavorisés et de l’immigration, pour lesquels un enseignement de qualité ne peut être garanti.

Cette situation s’explique aussi par le manque d’investissements publics dans l’éducation qui, bien que gratuite, ne reçoit pas les moyens correspondant à son importance stratégique.[13] Le Rapporteur conclut justement que « la ségrégation scolaire accroît le redoublement, l’échec scolaire et les abandons, réduit les résultats aux évaluations et affecte négativement les ambitions des élèves quant à la poursuite d’études universitaires ». Enfin, le rapport cite une étude de Save the Children (2018): « Concentrer les enfants issus des milieux les plus pauvres dans les mêmes écoles ne constitue pas une recette pour la réussite scolaire ni pour sortir de la pauvreté. » [14]

 

 

Le rapporteur spécial des Nations unies Philip Alston en Espagne. Photo d’Olivier de Schutter (2020)

 

CONCLUSION

En examinant le système éducatif espagnol, il est apparu qu’il présentait plusieurs défauts. Tout d’abord, non seulement le programme est dépassé, mais il ne parvient pas à motiver les élèves et à prévenir – ou du moins à atténuer – les taux élevés d’abandon scolaire. Deuxièmement, les écoles espagnoles ne répondent pas aux besoins de la population: toutes les écoles ne disposent pas des mêmes ressources et tout le monde ne peut pas se permettre de fréquenter n’importe quelle école. Au lieu de corriger cette tendance, elle a été exacerbée ces dernières années, faisant des écoles un miroir du statut social des élèves et de leurs antécédents. Cela empêche effectivement la mise en place d’un système fondé sur l’égalité des chances.

En outre, les personnes chargées de dispenser l’enseignement ne sont pas suffisamment motivées. La stabilité de leur emploi n’est pas assurée et le manque de ressources ou leur mauvaise répartition empêche les enseignants d’accorder une attention personnalisée aux élèves. Tout cela contribue à créer un environnement général d’apathie qui a un impact sur les deux parties (élèves et enseignants). Enfin, tant que l’éducation restera un outil politique, ajustable aux idéologies du parti politique dominant, elle restera un élément discret au lieu d’être une priorité, et l’Espagne continuera à souffrir d’une éducation de faible qualité et de l’incapacité d’obtenir des résultats efficaces.

Références

  1. Toni García Arias (2020). Las grandes miserias de la Edcuación en España. Site web de Magisterio. Disponible à l’adresse: https://www.magisnet.com/2020/09/las-grandes-miserias-de-laeducacion-espana/
  2. Ley Orgánica 3/2020 29 Diciembre enmendando Ley Orgánica 2/2006 3 de mayo.
  3. Elisa Silió (2019), Bad education ? Pourquoi l’augmentation du temps de classe n’a pas amélioré les résultats scolaires en Espagne. Site web d’El País. Disponible à l’adresse: https://english.elpais.com/elpais/2019/09/12/inenglish/1568287867_870130.html
  4. Olga R. Sanmartín (2014). Los seis grandes fallos del sistema educativo español. Site web d’El Mundo. Disponible à l’adresse: https://www.elmundo.es/espana/2014/09/11/5411e1f5e2704e33458b4576.html[CT1]
  5. Eurostat (2023) Les sortants précoces de l’éducation et de la formation. Site web d’Eurostat Statiscis Explained. Disponible à l’adresse : https://ec.europa.eu/eurostat/statisticsexplained/index.php?title=Early_leavers_from_education_and_training. [CT2]
  6. Ignacio Zafra (2023). La OCDE hace un duro diagnóstico de la educación española y da cinco ideas para mejorarla. Site web d’El País. Disponible à l’adresse: https://elpais.com/educacion/202306-13/la-ocde-hace-un-duro-diagnostico-del-sistema-educativo-espanol-y-da-cinco-ideas-paramejorarlo.html
  7. David Cobo (2020) Los problemas de la educación en España no son los que se están hablando. Alcalá Hoy website. Disponible à l’adresse : https://www.alcalahoy.es/2020/11/27/los-problemas-de-laeducacion-en-espana-no-son-los-que-se-estan-hablando-por-david-

cobo/#:~:text=Los%20principales%20problemas%20de%20la%20educación%20en%20España%20s on%20la,segregación%20escolar%20por%20cuestiones%20socioeconómicas.

  1. Moniteur de l’éducation et de la formation (2021), Commission européenne. Disponible à l’adresse

: https://op.europa.eu/webpub/eac/education-and-training-monitor-2021/en/spain.html

  1. Ana Torres Mernárguez, Jessica Mouzo (2019). La Catalogne lutte contre la ségrégation socioéconomique à l’école. Site web d’El País. Disponible à l’adresse : https://english.elpais.com/elpais/2019/03/19/inenglish/1552993173_554308.html#?rel=mas
  2. Francisco Michavila, Antonio Narejos (2021). Algunas debilidades del sistema educativo español. Fundación 1º de Mayo. Disponible à l’adresse: https://anele.org/ventana-de-anele/algunasdebilidades-del-sistema-educativo-espanol
  3. Marta Medina (2021). Pourquoi l’éducation est-elle de plus en plus mauvaise en Espagne ? Habla

(mal) un profesor de instituto. Site web d’El Confidencial. Disponible à

l’adresse: https://www.elconfidencial.com/cultura/2021-03-10/borregos-que-ladran-juanizuzkiza_2983644/

  1. A/HRC/44/40/ADD.2 (2020) Visite en Espagne – Rapport du rapporteur spécial sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme. Disponible à l’adresse:

https://www.ohchr.org/en/documents/country-reports/ahrc4440add2-visit-spain-report-specialrapporteur-extreme-poverty-and

  1. Réseau européen de lutte contre la pauvreté (2020). Observatoire de la pauvreté en Espagne

2019. Disponible à l’adresse: https://www.eapn.es/publicaciones/367/poverty-watch-2019 pp. 32-33.

[14] Save the Children (2018). Mézclate conmigo. De la segregación económica a la educación inclusiva. Site web de Save the Children. Disponible à l’adresse: https://www.savethechildren.es/publicaciones/mezclate-conmigo

 

 

Los desafíos educativos en Paraguay: la desigualdad socioeconómica como obstáculo clave al progreso educativo

Introducción  

El Paraguay es un país sudamericano que contiene una población muy variada desde un punto de vista étnico y racial.  Numéricamente, más de la mitad de la población es mestiza, el 30 % es blanca, y casi el 3 % es indígena. Estas cifras son importantes para crear políticas que incluyan a todas las personas. 1 Otro factor importante en Paraguay es el papel de la religión en la sociedad. Segundo los datos de Latinobarometro, casi el 90 % de la población paraguaya es católica. Por consiguiente, la religión juega un papel muy fuerte en las decisiones y en el comportamiento ético de las personas. Las decisiones culturales basadas en la religión tienden a definir roles distintos entre los géneros y las razas. La población también se divide entre urbana y rural, con casi el 40 % de población rural y agrícola. Esto genera una diversidad de acciones que acentúan la desigualdad de género y los perjuicios asociados al destino de algunos grupos de la sociedad.  

Marcado por una secuencia de gobiernos autoritarios y complejos procesos de desarrollo,  Paraguay tiene inmensas desigualdades sociales reflejadas en la educación.  Estos factores son relevantes para analizar la situación educativa y los desafíos que el país enfrenta.  

Cuando se le pregunta acerca de la equidad en el acceso a la educación, el 47,5 % declara un acceso “injusto” mientras que el 32 % menciona un acceso “muy injusto”. Esto nos lleva a preguntarnos: por qué el acceso a la educación en Paraguay es considerado muy injusto por la mayoría de la población?   

Desigualdad social y pandemia de Covid-19   

El primer gran problema que afecta la educación es la desigualdad. Datos de 2020 revelan que el debate sobre los problemas en el país está relacionado a la pobreza, a los problemas financieros y a los desafíos educativos. 2 

Esto es algo que afecta no solo Paraguay sino toda la América Latina y el Caribe. Por ejemplo, durante la pandemia de Covid-19, hubo lo que se llama “oscurecimiento educativo.” 3  

A causa del cierre de las escuelas, la educación se llevó a cabo en línea. El problema en esta situación es que el acceso a internet está limitado por el equipo, la calidad de la red y las habilidades digitales. Los datos de la Commisión Económica para América Latina y Caribe (CEPAL) indican que, entre los estudiantes menores de 18 años, alrededor del 60 % no tiene acceso a internet en Paraguay. Esto se ha convertido en un desafío para la educación durante los dos años de educación a distancia. Sin embargo, considerando la realidad en la que vivimos actualmente, esto sigue siendo un problema para el país y la región.  

El acceso desigual a la educación ha afectado los índices educativos mucho antes de la pandemia. En 2019, por ejemplo, al comprobar el desempeño de los estudiantes de escuela primaria, resultó que los estudiantes paraguayos tuvieron niveles de desempeño más bajos en matemáticas. Con respecto al poco avance, el Director de la Oficina Regional de Educación para América Latina y el Caribe (OREALAC) de la Organización de las Naciones Unidas para la Educación, la Ciencia y la Cultura (UNESCO), Claudia Uribe menciona la necesidad de tomar medidas gubernamentales urgentes para lograr la Agenda 2030. 4 La exclusión en la escuela afecta de manera más intensa a algunos grupos. Los estudiantes indígenos, afrodescendientes y migrantes encuentran desventajas.   

Chicas y mujeres indígenas   

La creación del país se basó sobre la exclusión de las poblaciones indígenas. Por esta razón, podemos observar los impactos sociales sufridos por estos grupos hasta el día de hoy. Hay una gran diversidad étnica. El derecho a la participación política y el acceso a la educación son esenciales para mitigar estas desigualdades. Existen avances constitucionales en este sentido, como la Constitución del 1992, que reconoce y garantiza los derechos de los pueblos indígenas en Paraguay:  

ARTICULO 66 – DE LA EDUCACION Y LA ASISTENCIA 

El Estado respetará las peculiaridades culturales de los pueblos indígenas, especialmente en lo relativo a la educación formal. Se atenderá, además, a su defensa contra la regresión demográfica, la depredación de su hábitat, la contaminación ambiental, la explotación económica y la alienación cultural. (Artículos de la Constitución Nacional)5 

Sin embargo, los pueblos indígenas se enfrentan a la exclusión y pobreza. Esto afecta los indicatores educativos de la población indígena, que empeoran cuando se considera la realidad de la población feminina indígena. En Paraguay, la escolaridad gratuita y obligatoria dura nueve años (educación básica). Considerando esto, los hombres indígenas permanecen en la educación poco menos de cinco años, mientras que las  mujeres indígenas aproximadamente 3,5 años. Podemos observar una gran diferencia en la cantidad de educación garantizada. Los datos de la Encuesta Permanente de Hogares Continua (EPHC) muestran las tres principales razones por estos egresos escolares. 

Primero, razones familiares. Alrededor del 20 % de las mujeres indígenas abandonaron sus estudios porque tenían demasiadas actividades domésticas. Segundo, los aspectos económicos. En este caso, más del 25 % de los hombres indígenas abandonaron la escuela porque necesitaban conseguir un trabajo. Tercero, la falta de suficientes institutiones educativas. Specialmente, una educación  en la que se tengan en cuenta su cultura y sus opiniones, como se menciona en el artículo constitucional.6  El modo de vida de muchas comunidades indígenas sigue basándose en las costumbres de caza y recolleción. Una escuela que se adapte a esa realidad es necesaria, y, para ello, el gobierno necesita invertir en este tipo de propuesta más allá de una visión constitucional.7  

Esta es una realidad de desigualdades raciales- étnicas, pero también de desigualdades de género. Una realidad que se ha propagado desde la época colonial, en la que las mujeres indígenas fueron secuestradas por los colonizadores para ocupar puestos de manutención doméstica y para la procreación.  El proceso colonizador ha afectado el sistéma económico de estos pueblos tradicionales, que no es considerado suficientemente productivo.  

El papel de las mujeres indígenas, entonces, cambia dentro de esta realidad. Por lo tanto,  su situación socioéconomica tiene tal impacto en el logro de la educación. Casi el 70 % de la mujeres indígenas son pobres. Muchas de ellas son consideradas “economicamente inactivas” porque solo realizan actividades domésticas.8 Algunos autores mencionan que “ser una mujer indígena” en esta sociedad implica triple discriminación : étnica, de género, y de clase. La garantía del derecho a la educación para esta parte de la población paraguaya es urgente. Aunque se han hechos des avances, es necesario institucionalizar mejor esos derechos. Esto debe hacerse respetando y fortaleciendo la cultura específica de cada grupo indígena.  

Conclusión  

Las lineas de esperanza para mejorar los desafíos educativos que enfrenta Paraguay necesitan estar dirigidas a mitigar la desigualdad socioeconómica. Una estructura escolar más inclusiva, equitativa y segura es necesaria. Sobre todo, la universalización del acceso a la educación secundaria. El uso de la transformación digital en favor del progreso educativo es también urgente ya que es un aprendizaje útil y esencial para la realidad contemporánea en la que vivimos. Invertir en la educación es una de las claves del desarollo sostenible.  

Los efectos de la desigualdad también están relacionados con la realidad de las mujeres indígenas. Sin embargo, más que políticas para mejorar y acciones para combatir esta desigualdad, es necesario darle a estas mujeres el poder de tomar decisiones. Las cuestiones de la pobreza y de la educación son solo algunos de los problemas que enfrenta este grupo. La violencia es alta y muchas mujeres indígenas se están organizando como activistas para combatir la violencia. En este sentido, el activismo y la organización de estos pueblos están avanzando continuamente para luchar por la garantía de los derechos de los pueblos indígenas. Sin embargo, la acción más adecuada parece ser aumentar las oportunidades de ocupar cargos políticos y situarlos como creadores de específicas políticas públicas .9 

Aunque el derecho constitucional a la educación exista para todo ciudadano paraguayo, es importante señalar la distinción entre la prerrogativa de un derecho y la realidad de una educación de calidad. Para todos.  

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Foto: UNESCO warns of a lack of progress in basic learning achievements since 2013 in Latin America and the Caribbean. (2013). Unesco.org. https://www.unesco.org/en/articles/unesco-warns-lack-progress-basic-learning-achievements-2013-latin-america-and-caribbean  

Traducido en español por Eliana Riggi del artículo en inglés: https://brokenchalk.org/educational-challenges-in-paraguay-socioeconomic-inequality-as-key-to-educational-progress/  

   

  

  

  

 

Educational Challenges in Spain

Written by María Núñez Fontain

A BOAT WITHOUT A CAPTAIN IS CONDEMNED TO SINK

Spain is a developed country and member of the European Union, which would give it a clear advantage in terms of educational levels and resources. Nevertheless, taking a closer look at Spain’s educational system, this quickly proves not to be the case.

At first glance, Spain’s most predominant issue seems to be clear: despite numerous attempts to modernise and adapt the educational curriculum, it still seems to be far and detached from the demands of its society.[1] Due to its decentralized State, this also proved problematic when attempting to achieve unity and equality.

As recent as 2021, Spain introduced the LOMLOE,[2] the new law on education that built upon the previous one – LOE – and obliviated the previous legislation, the LOMCE. This new law highlights sustainable development, gender equality, childhood rights, digital transformation and the adoption of a transversal approach to ensure success throughout constant improvement.

DROPOUT RATES

Spanish students tend to obtain low results on the PISA tests, despite being one of the countries that spends most time in classrooms.[3] The PISA is a test which measures 15-year-old´s educational level, and it is taken every three years. These low results reflect Spain´s teaching method, which focuses on memorizing information and not developing one´s autonomy and problem-solving skills. Another issue which may be linked to Spain’s low results is the fact that it currently has the highest school drop out rate of all European Union, as the current teaching methods make it difficult to maintain the student´s motivation and interest.[4] Unfortunately, this apathy also translates onto the teachers, who should be the ones sparking the interest of the students but, at the same time, should be motivated themselves.

The rate of early school dropout reached 14% in 2012, 5% above the EU target for 2030 which is set at 9%. This number makes Spain the second country in Europe with the most amount of people between 18 and 24 years old without basic education and training.[5] This percentage being highest among students whose mothers did not complete their primary education.[6] Ultimately, this reflects the biggest challenge currently facing Spain’s education system: the socioeconomic segregation.

SOCIOECONOMIC SEGREGATION

This is an issue which the European Commission and the United Nations have repeatedly requested Spain to address, and the socioeconomic disparity was also targeted in a report by the UN Special Rapporteur on extreme poverty and human rights in 2020. Before analysing its content, this article will offer a brief outlook at the socioeconomic situation of Spain with regards to education.

When addressing educational shortcomings, debates often revolve around aspects such as religion as a school subject or the strict use of the State’s official languages.[7] These two issues, while relevant, are far removed from the immediate problem. Spain shows high rates of inequality, scholarly failure, lack of monetary resources and scholarly segregation for socioeconomic reasons.[8]

In Spain, public schools host a high percentage of immigrants and students from low income families, which only increases the correlation between the quality of the education and the monetary resources to afford it – ultimately turning public schools into “guettos” with limited possibilities for their students and teachers.[9]

With the new legislation, the criteria for selecting students into public and private schools will fall on the hands of the public Administration, in what seems as an attempt to bridge this gap. In spite of this, the lack of awareness – or willingness to do so – must be addressed first if any solutions are going to be discussed.

Boy walking with a backpack in Spain. Picture by Jesús Rodríguez (2017)

THE ROLE OF TEACHERS

There is one challenge around which there is – almost – universal consensus: the role of the teachers. As the figures in charge of guiding students from an early age, teachers are often not given the respect they deserve as attending school is seen as a “tedious chore” in Spain. This might be because of the education teachers themselves receive, which is focused on the institutional aspects but does not give them the tools from a pedagogic perspective.[10]

Furthermore, the profession of a teacher presents a high percentage of instability, which prevents them from growing professionally.[11] This is exacerbated by the numerous changes in the educational laws that have taken place during recent times, a common object of concern and condemnation amongst teachers. With education often being used as a political weapon, its legislation changes along with the different governments.

Broken Chalk had the opportunity to interview Raúl Prada, the Head of Language Departments of a school in Spain. His answers will allow the reader to gain a better perspective on the education challenges that Spain currently faces from the perspective of a teacher who, as said by himself, is “in love with his profession”.

Q. What, in your opinion, are the main educational challenges in Spain?

I believe that the main challenges facing education in Spain are an excessive ratio in the classrooms that prevents the teacher from giving personalised attention. With the increase in students with special needs in each classroom, the problem worsens: these students are the most affected by this inability to provide them with special care and, ultimately, it plays a role in moving them further and further away from their integration into society.

Q. Do you think that in Spain there is a problem of socioeconomic segregation when it comes to education? Why? Why not?

Socioeconomic segregation is clearly connected to what was answered above, since the excess ratio at all levels causes students with more personal, social and economic difficulties to see themselves in clear inferiority with respect to those whose families can afford external support. This becomes even more evident in those families who cannot afford for their children to participate in activities during extracurricular hours.

Q. Have you encountered any experiences of socioeconomic segregation?

The aforementioned is a fact that we encounter every day in any classroom in Spain: an excess of students who should have more and better attention and teachers who cannot give more than they do, causing great frustration in them.

Q. How do you think teachers are viewed in the Spanish educational system?

The role of the teacher in Spain has been socially degraded increasingly each year, becoming not very well regarded by some families who question their decisions and, in many cases, far from helping, hinder their work. This is aggravated by the Administration, that increases every year the bureaucratic burden and forgets that the most important objective of the teacher is to educate.

Q. What measures or ideas would you suggest to improve the situation of the teachers?

The main solutions I would recommend based on my personal experience are firstly, to lower the ratio in the number of students per classroom, and secondly, to decrease the bureaucratic burden that exists in education and schools.

Q. Would you like to share any experience – positive, negative or both – about your experience and role as a teacher?

I am a positive person and in love with my profession, so any experience I can contribute with is positive. I always keep in mind what my students share with me while I try to be mindful of their needs. I feel that they appreciate and value it. However, I still always regret not being able to give more to those who need it.

Q. From a personal perspective, how do you feel the educational system has evolved and changed since you first started teaching and why do you think that is?

Unfortunately, the evolution of our educational system in the last 25 years is little or not enough. The reason is that the different governments that Spain has had in these years have made Education a political reason and approved successive laws – 8 different ones in 25 years. In doing so, they have failed to consider whether or not they enjoyed support from the entire political spectrum, rather focusing only on the political value of it. The result is that each party has approved a law tailored to its needs, which has been successively repealed when a party with a different ideology comes to government.

This situation has created great instability in the Spanish educational systems and has prompted some changes with no follow-up. Spain urgently needs an Educational law of general and permanent consensus, although subject to small variations.

Q. Any thoughts, comments or messages you would like to share as a teacher.

As a teacher, I say that the only way to survive on a day-to-day basis is the love for this profession and dedication to your students, and you must put aside the obstacles that grow every day because otherwise demotivation and helplessness will dig in us.

UN SPECIAL RAPPORTEUR ON EXTREME POVERTY AND HUMAN RIGHTS

All of the aforementioned concerns – and some more – were crystallized into the report by the UN Special Rapporteur on extreme poverty and human rights, written during his visit to Spain.[12]

The UN Rapporteur starts by saying that “education and poverty are closely linked”. Indeed, the socioeconomic resources of a family dictate the schools they have access to, and the public schools grow overflooded with low income and immigrant students, whose education cannot be ensured at the level that should be.

This is also due to the lack of public investment in education, which despite being free, shows a reality in which its crucial role does not match the resources thereby attributed.[13] The UN Rapporteur correctly concludes that “school segregation increases grade repetition, failure and dropouts, decreases assessment scores and adversely affects students’ expectations of pursuing university studies”. Finally, the education section rescues a quote from a Save the Children report from 2018, which reads: “concentrating children from the poorest backgrounds in the same schools is no recipe for educational success or overcoming poverty”.[14]

UN Special Rapporteur Philip Alston in Spain. Picture by Olivier de Schutter (2020)

CONCLUSION

Examining Spain’s educational system, it has become apparent that it presents several flaws. First, not only is the curriculum outdated, but it also fails in motivating the students and in preventing – or at least mitigating – the elevated school dropout rates. Second, Spanish schools do not cater to the needs of the population: not every school has the same resources and not every person can afford to attend any school. Instead of correcting this trend, in the last years it has been exacerbated, making schools a mirror of the social status of the students and their backgrounds. This effectively prevents a system based on equal opportunities.

Additionally, those in charge of actually providing the education are not motivated enough. The stability of their jobs is not ensured, and the lack of resources or their inadequate distribution prevents the teachers from giving individualised attention to the students. This overall contributes to a general environment of apathy which has an impact on both ends (students and teachers). Lastly, as long as education continues being a tool of politics, adjustable to the ideologies of the dominant political party, it will remain as a subdued element instead of a priority, and Spain will continue to suffer from low quality education and the inability to achieve efficient results.

References